L'humour en poésie

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Didou
(sur un rythme de rap)
(Écouter le poème)

Dis, Didou, dis donc
où ton tutu, tes tétons
m'ont, mamelouk ému
efficacement fasciné.
Didou, mais dis, tes dons
tout têtu ton tonton,
mettent mes miches en mue ;
à ma frite en flûte frotte ton nez.
Dodeline, Didou, donc
ton tout sur tous tes tons
Un mousse en mer est promu
fulgurant fer de lance effréné
Didou, tombe, ding dong
Ta tête tourne, tournicotons
Mes mains muettes me transmuent
Je suis fripon farfadet à frissonner !

© Bertrand CLAUDE

 

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Illustration : DidouIllustration : Didou

 

Illustration : Eléphantesque

Éléphantesque

As-tu vu, as-tu vu dans cette allée
fumer sa pipe un fantôme tout nu
As-tu vu, as-tu vu sur ce dos d'âne
convoler une princesse et un rat
As-tu vu, as-tu vu dans ce grenier
l'ombre d'un yogi mimant un hibou
As-tu vu, as-tu vu ce nuage-là
qu'un aigle salue en filant au ciel
As-tu vu, as-tu vu là-bas ton ombre
parfois aigle, puis hibou, enfin rat
Gare au chat ! Fume ta pipe tout nu !

© Bertrand CLAUDE

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Passerelles

 

Illustration : Passerelles

Illustration : Passerelles

Illustration : Passerelles

Illustration : Passerelles

Illustration : Passerelles

Illustration : Passerelles

Illustration : Passerelles

J'ai des passerelles


J'ai des passerelles
plein le cœur
plein les mains
plein les yeux
plein le ventre
Viens
Hep là ! Je t'appelle !
Viens ! Vois mes passerelles
plein le cœur
plein les mains
plein les yeux
plein le ventre
Avec mes passerelles oh là je t'appelle !
Où sont mes passerelles ?
percée mon écuelle
évanouie ma jouvencelle
geignard mon violoncelle
que reste-t-il de mes bretelles ?
Mes passerelles à la poubelle, mes amertumes au bitume
Mon chou gras pour trois liards chez un scélérat
Mes passerelles c'est une ritournelle
pour mam'zelle
Mes passerelles à mon cœur : la pastourelle
à mes mains : la dentelle
à mes yeux : la jarretelle
à mon ventre : la bagatelle
Ah mais c'est la mère maquerelle !
Plus d'passerelles pour la donzelle
Mon joli cœur est une gazelle
une sauterelle
une péronnelle
Mon joli cœur ruisselle
Et mes passerelles à la poubelle, mon amertume au bitume
Foi d'chamelle plus d'femelle
plus d'polichinelle
plus d'tarentelle
MAIS
que m'ensorcèlent les hirondelles
que me ficellent les pucelles
au bord d'une margelle ma prunelle
aperçoit une vagabonde demoiselle
aux aisselles la citronnelle
aux mamelles la cannelle
Eh ! Viens ! Je t'écoute ! Vois : j'ai des passerelles...

© Bertrand CLAUDE

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Illustration : Des mots

Des mots

- Mademoiselle !
- Monsieur ?
- Je cherche.
- Que cherchez-vous ?
- Je cherche des mots pour jouer.
- Je n'ai que des mots à croiser.
- Mais je n'aime que les bons mots !
- Pour rêver, voulez-vous quelques mots clés ?
- Vos mots-valises me semblent exquis !
- Tranchez, traficotez à volonté !
- Épatant, mais dites
connaissez-vous aussi quelques gros mots ?
- Monsieur, vous m'insultez.
J'en touche de ce pas un mot
aux forces publiques motorisées !
- Halte ! que de grands mots !
Je plaisantais et je ne dirai mot
devant les képis des gendarmes.
Suis-je malpropre ?
- Vous êtes commun, savez-vous
que les noms propres, de naissance
portent noblesse en majuscules ?
- Mademoiselle !
- Oui ?
- Vous êtes savante.
- Oui.
- Mais quelle impertinence !
- Voulez-vous une confidence ?
- Parlez à mots couverts.
- Vous me comprendrez à demi-mot.
- Livrez votre secret mot à mot.
- En un mot comme en cent...
- Au bas mot, aucun me suffirait.
- Vous me cherchez ?
- Je vous cherche
- Nous aurons des mots
- Et j'aurai le dernier.
- Je vous prends au mot.
- Voulez-vous le fin mot de cette histoire ?
- Un mot pour rire.
- Nos mots sans motifs
nous poussent à bisbille
alors : motus !

© Bertrand CLAUDE

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Die Narrenbrücke

La passerelle des fous, dite Pont de l'Europe

A la brasse une poupée oh dolly
sillonnait le Rhin de part en part
et d'une rive ( hopla ) et de l'autre ( noch einmal )
Elle se chargea des rêves les plus joufflus
que l'humanité rabelaisienne pouvait nourrir
Joufflue la poupée oh dolly l'était
ses joues les plus belles, souveraines
surplombaient les flûtes des la Vénus immergée
Feuerwehr : Hilfe !
Die Katze hat gemiaut
Die Frau will den ganzen Fluß küssen
Et gonflée d'un vent de frontière
dans sa robe de brouillard d'automne ajourée
elle parvint à poser un pied sur chaque rive
La géante, nouvelle Lorelei, Strasbourg-Kehl
enjamba les flots et les péniches
zigzaguèrent en sueur sous son antre étoilé
Les veuves en procession
s'immergèrent dans Vater Rhein
Prudes elles balançaient leurs étoffes noires
à mi-corps dans les flots glacés
Et de sombres étendards allèrent frapper
aux portes gigantesques des écluses nord
Pendant ce temps la poupée au sexe indéfini
se reproduisait sur les berges bétonnées
Des écologistes convaincus
crurent à la vengeance des forêts tropicales
Ça foisonnait, les oiseaux tinrent conférence
devant les micros et les boîtes noires
d'où surgissaient leurs compères
C'était la première d'une pièce d'avenir :
" Rhin en folie "
A ce propos personne n'en prenant garde
les veuves dans la confusion
ressortaient nues du fleuve
et s'agenouillaient, s'allongeaient indolentes
tandis que les rejetons de la Lorelei
multitude infinie aux mâles attributs
les fécondaient à outrance.

© Bertrand CLAUDE

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Illustration : Die Narrenbrücke

Illustration : Flic-flac

Flic-flac

Les petits éléphants roses pullulent, pullulent
Les petits éléphants en tutus pointus
C'est ainsi que la mèr' bidule
se balance aux pendules
Les petits éléphants roses pullulent, pullulent
Les petits éléphants roses en tutus pointus
Les gros éléphants verts posent à l'envers
pour les photographes du grand Univers
C'est ainsi qu'la mèr' chouette
cloue du bec les grotesques qu'elle dissèque
Éléphanteaux et les fantômes
flic-flaquent les flics dans les flaques
Éléphanteaux et les fantômes
les flics fessent, et flic, et flac?

© Bertrand CLAUDE

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Ta bouche

Une grande bouche bâille
Bêta, c'est ta bouche
en delta-plane perdue
dans les bleus seins ventrus
de l'univers

Une grande bouche ouverte
inhalations extrêmes
Et mon cou plonge
C'est ma gastronomie des trous noirs
Ma gastralgie profonde au cœur
des astres engloutifères

Ta bouche morveuse à ma morve
ventouse à mes entrailles
Ta bouche ondoie chatoyante
sur les organes des pluies d'orage
Ta bouche neige à fleurir
les ivresses suspendues
de nos orages mellifères.

© Bertrand CLAUDE

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Illustration : Ta bouche

Illustration : Sophie sur le sofa

Sophie sur le sofa

Deux doigts d'ange sur un cierge posés :
Sophie sur le sofa
Sophie me suffit

Être seul c'est fâcheux
Ne nous fâchons pas mon ange
de battre coquins de l'aile
à deux

Sophie sur le sofa
Sophie me suffit

Naître fauché
mon ange m'enrichit de baisers
qui fauchent les blés mûrs du désir

Sophie sur le sofa
Sophie me suffit

© Bertrand CLAUDE

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Anabelle

Décidément Anabelle
était une cruelle
Elle n'aurait d'Abel
ni de Pantagruel
assouvi le zèle

Il lui fallait clientèle
que l'amour écartèle
de tendres agnelles
que l'on emmielle
une jeune louve brute que l'on cisèle

Anabelle aimait par-dessus tout les citadelles
entourées d'hommes et de vaisselle
La Cléopâtre de Jodelle
eût été trop leste à mettre en selle
Il lui fallait poule que l'on harcèle

Poule, poule pour elle
grues offrant leurs archipels
mais descendues de leurs saintes tourelles
pour succomber au scalpel
d'une orgiaque de la cuisse à l'aisselle

Anabelle passait pour une cruelle
poursuivie d'une ribambelle
de mâles tendant leurs vides écuelles
Mais elle était une rebelle
ordonnant aux filles grève de carrousel
insoumission aux capitaines du boute-selle

Décidément Anabelle
était une cruelle
Elle n'aurait d'Abel
ni de Pantagruel
assouvi le zèle.

© Bertrand CLAUDE

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Illustration : Anabelle


 

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© Bertrand CLAUDE