Bric-à-brac

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Avant-propos :

Les textes ci-dessous représentent, pêle-mêle, un inventaire des textes écrits ces deux dernières années. Ils n'ont été retenus que sur un seul critère subjectif : mon propre choix. Jusqu'à présent, je ne publiais sur Internet que les textes déjà parus sous d'autres formes, par exemple dans un recueil. Mais j'ai abandonné pour l'instant tout moyen de publication en dehors de la mise à disposition sur le "World Wide Web". Je voulais donc que les lectrices et lecteurs puissent réagir à mes derniers écrits et puissent me suivre dans mon évolution.

Le chasseur

J’ai envie d’être, comme le jour à sa naissance : l’atmosphère est d’abord lente à venir puis elle est soudainement versée dans la clarté. Après, c’est le jour. Mais pendant que la lumière se fait, c’est un plaisir charnel que d’attendre la fin des ténèbres et d’assister à l’ascension sublime de l’Olympe.

J’ai envie aussi, d’être indéfiniment couvert de nuit : pas de cette nuit sordide et noire qui entoure le monde des craintifs mais de celles vivifiées par l’amour. En fait, jamais ou presque, la nuit n’est obscure. Elle est habitée, toujours. Et c’est un délice que de la parcourir comme un vieux singe trace ses kilomètres de branches d’arbres, physiquement appris par cœur.

Seuls les moments volés aux temps du sommeil apprennent quelque chose à l’Homme sur l’Homme. Ce sont les temps d’écriture, d’écriture dans l’acte. Paradoxalement, le traçage, après coup, sur une feuille ou sur un écran, des signes de la mémoire ne sont plus qu’un temps de lecture.

Il suffit de descendre dans la rue pour que le monde commence. Il s’y trouve réunis les ingrédients de tous les possibles parce que tous les êtres y passent et s’y croisent. Et pourtant, le merveilleux s’y déclare si rarement !

J’ai vu dans les forêts de montagne le paradis sur terre. Elles sont le juste équilibre de la solitude et du vivant. Les pas y tracent les bonds du plaisir.

Dorénavant, j’irai par les tranches de nature, voyager comme un homme sans patères. Dans les villes, je serai le chasseur.

Tu as vu l’or couleur de chair. Des flots de plaisir et de douleur se mêlaient à ton ventre.

J’ai gardé dans mon âme un regard sans réponses. C’étaient de si beaux yeux clairs, et si bleus. Il y avait dans cette mer, si belle, un profond trouble. Tout ce silence est serti en mon ventre comme un souvenir.

J’ai des tristesses profondes au fond de mes ventres, le tien, le mien, comme des amants unis, encore, mais déjà chiffonnés. Il est des façons de s’étreindre qui parlent plus que les mains. Mes yeux portent aux tiens des messages sans contraintes. Et demain ? L’amour est étrange. Saurons-nous nous sauver ?

Il est un temps où le soleil brille sans brûler. Il est un temps aussi où la mort peut s'emparer de l'être, sans l'attrister. Des milliards d'Hommes sont morts pendant que d'autres sont nés. La roue est inexorable et terne. Et seul l'amour parvient à bousculer l'ordre des choses. L'amour est intemporel. L'amour est sans lien avec le lieu, le temps, et la hiérarchie des Hommes. L'amour est un sentiment qui se rit et se joue des êtres qu'il entreprend. Il peut les quitter soudainement ou s'y attacher au point de les broyer. Il y a un amour qui rend beau et fort, et il y a un amour qui sévit et sème la souffrance. Je ne saurais dire si l'un d'eux n'est pas l'amour ou s'ils sont, comme tout ici, les deux faces opposées d'une même force. Parfois l'amour me transcende, et parfois il me jette à terre et m'écrase.

Avez-vous vu ces jeunes amants qui s’embrassaient dans la nuit ?
Sous l’arbre l’ombre les cache, et la fille gémit.

Je ne dis pas je t’aime
pour dire je t’aime
Mais je dis je t’aime
parce que je t’aime

Un mot, un petit mot, mon amour, me manque un mot
un mot qui me caresse
un mot qui me transperce
un mot qui me grise le matin
un mot qui me sonne le midi
un mot qui me crie le soir :

je t’aime, je t’aime, je t’aime !

J’ai si souvent caressé les idées qui germent à la pointe des yeux d’une femme, j’ai si souvent soufflé le vent qui soulève si légèrement les tissus d’une robe, j’ai tant aimé aimer, et tout cela comme des pages de livres non encore écrits. Et voilà qu’arrive mon rêve et que j’écris mon amour sur ta peau douce et que la vie d’un être me devient chère. Il est si bon de penser à toi, l’aimée, au réveil, au sommeil, toi l’absente si souvent. Et je pense à ce rêve qui pourrait durer une vie entière, et je pense que ce rêve pourrait prendre si soudainement fin.

A tes petits yeux qui pleurent, j’offre tous mes bras. C’est mon secours, tout en rond, autour de toi. Mais dans mon ciel, les ronds ne se perdent pas en fumée. Petit oiseau vole et me rejoins tout en moi.

Ma tristesse est une chambre vide
où gisent nos souvenirs nus de fatigue

Je voudrais t’aimer si fort
et te comprendre si doux.

A petits pas :

(Écouter le poème)

A petits pas dans
A petits pas dans
A petits pas dans l’amour
A petits pas de toi

Mon amour dans
Mon amour dans
Mon amour sous
Mon amour en
Mon amour sur
Mon amour vent
Vent qui souffle
Souffle à petits pas
A petits pas dans
A petits pas dans
A petits pas dans toi
A petits pas sur
A petits pas sur toi
A petits pas d’amour fou
Fou de toi
Toi à petits pas dans
A petits pas dans
A petits pas dans l’amour en toi.

Ton ventre est comme une orange.
Et d’étranges désirs l’écorchent aux deux hanches.

Les mots du silence :
Ce sont des mots de l’ombre
des mots sans noms

Je reprends la parole
Pour ce soir, à jamais, comme toujours

Je reprends la parole
Sur tes seins, je te jure de nous parler d’amour

Je reprends la parole
Comme autrefois, je nous dirai des caresses jusqu’au jour.

Je suis le veilleur d’ombres
Celui qui passe et trépasse

La mer a salé mon âme verte
d’oranges bleues, amères
mes idées sont ancres marinées
sous les sables rares et les pierres.

La fine toile opaque de ton ventre
se déchire comme vierge sous cape
Je m’allonge
Sais-tu l’abîme immortel ?

Alors vint la colombe
Le vent siffla
Et le chat miaula
Xavier hurla
Il y avait de quoi
Ah cette bête-là !

Mademoiselle, disait le vent
As-tu, as-tu rêvé géant ?
Géant, disait la mer
Avez-vous dansé longtemps ?
Longtemps... longtemps... longtemps...
Il est des jours de géant
Et la mer a dansé pour le vent.

Et si pour une île lointaine
Même un petit atoll pacifique
Il se trouve une rame qui t’emmène
Laisse filer la corde et le rêve
Il est des chants d’oiseaux rares
Exceptionnellement gais.

Je vais me lever

Je vais me lever comme un grand voyage
et les oiseaux percheront leurs ailes
sur mes boucles échevelées d’infinis.

Je vais me lever comme un immense équipage
et les couples reposeront leurs âmes
sur mes vergues pointées à l’an deux mille.

Je vais me lever comme un grand hommage
et les fleurs de la Terre nous riront au nez
parfumées comme des langues amoureuses.

Pas un pli, pas une ride et la mer
immense qui déferle en mon ventre

Il faut retrouver l’écriture... le geste, le mot, la vague ?

Je ne veux plus écrire nu que dans l’âme du bois

J’ai vu des yeux, du bois, de la pierre
un mouchoir à ta paupière

Petite âme, tout va bien
dans mon cœur du matin
Silence ! dans le ciel,
Écoutons : l’oiseau chante
la déraison du printemps

Tu es mon muguet porte-bonheur, ma gifle
de fruits sauvages et ma terre souquée

Petite au bois courons, les fraises
sous tes pas mûrissent

Il y avait dans son désir des prunelles fondues et des noix de chocolat, des landes de fruits mûrs sauvages, nappées de parfums de printemps, sorbet subtil de soleil et de pluie. L’ombre jouait au loup dans les secrets de ses frondaisons. Il pleuvait à frissons aux creux de ses vallons ; il suintait des perles joyeuses sur de longs coteaux sinueux. Des mains joueuses y découvraient des parcours étonnants de blondeur, aux rondes saveurs de l’automne.

Une main posée sur le sourire
d'une joue qui soupire à mes lèvres
Un son, lointain en son rêve
Un rond petit paradis sous ma tête
Respire et transpire,
une petite cerise mûre à sa porte
Est doux quand il tremble
au dedans de mes yeux : amour tendre
Me jouit
et je m’y blottis,
Petite mer,
Berceau,
Me donne la vie.

Elle avançait comme un bateau sans amarres sur une mer picorée par un vent caressant. Elle n’oscillait pas, elle ne roulait pas ; mais elle donnait aux regards qui la mataient le léger tournis d’une barque balancée sur le flot. Elle regardait de l’avant sans se soucier de la houle ; ses pas allongés coulaient d’une foulée gracieuse. Elle portait un sourire au pli des paupières et ses lèvres entrouvertes soufflaient par mirages des petites douceurs.

Sa robe gonflée ajourait ses cuisses sur une ligne imaginaire du désir. Ses reins printaniers frayaient avec le satin d’un grand voile éphémère, ainsi que ses seins soyeux qui pointaient en liberté sous un rai de lumière. Ses cheveux, déjà gonflés de caresses virevoltaient au gré des courants d’air frivoles. Ses bras et ses mains traçaient à ses bords deux lignes englobées de mystères. Sa peau devait sentir le soupir des parfums d’outre terre.

Lumière

Il y a trois mille millions de raisons de s’aimer sur Terre. La mienne n’en est qu’une parmi d’autres. Le verbe aimer se soumet à une infinie déclinaison de la Beauté. Deux êtres s’aiment : peu importe la croyance, le rite et la manière ; il y a dans l’amour, des corps et de la lumière. L’amour rend immortel.

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© Bertrand CLAUDE